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Développement personnel : se recentrer sur soi… jusqu’à oublier les autres ?

1 oct.
8 min de lecture


Écoutez-vous. Respectez vos besoins. Posez vos limites. Éloignez-vous de ce qui vous fait du mal. Choisissez-vous.


Sur le principe, difficile de protester.

Et pour beaucoup de personnes qui ont passé une partie de leur vie à s’adapter aux autres, ces conseils peuvent même être essentiels.

Mais une question finit par se poser :


une fois que je me suis retrouvée… qu’est-ce que je fais de moi ?


Parce qu’à force de revenir vers soi, le développement personnel peut parfois finir par tourner autour de son sujet préféré :


moi.


Et devenir une sorte d’ami imaginaire particulièrement sympathique.

Celui qui comprend mes émotions, valide mes limites et trouve assez régulièrement que j’ai raison.



Revenir vers soi peut être indispensable


Commençons par rendre au développement personnel ce qui lui appartient.

Apprendre à écouter ses émotions.

Identifier ses besoins.

Retrouver de la confiance en soi.

Développer son estime de soi.

Apprendre à poser ses limites.

Sortir de certains mécanismes de dépendance affective.

Comprendre pourquoi nous reproduisons certains schémas relationnels.


Tout cela peut représenter une évolution considérable.

Particulièrement lorsque nous avons appris très tôt à observer les autres avant de nous observer nous-mêmes.

Que veut-il ?

Que pense-t-elle ?

Est-ce que je vais le décevoir ?

Est-ce qu’elle va m’en vouloir ?

Que dois-je faire pour conserver ma place ?

Dans cette situation, revenir vers soi ressemble moins à de l’égoïsme qu’à une récupération de territoire.


Qu’est-ce que je ressens, moi ?

Qu’est-ce que je veux ?

Qu’est-ce qui me convient ?

Où sont mes limites ?


Enfin, quelqu’un s’occupe de moi.

Et ce quelqu’un, c’est moi.

Plutôt bonne nouvelle.



Puis « prendre soin de soi » peut devenir une réponse à presque tout


Les choses deviennent plus amusantes lorsque le mouvement continue.

Une relation me contrarie ?

Je dois me préserver.

Quelqu’un refuse ma demande ?

Je dois poser mes limites.

Une conversation devient inconfortable ?

Je dois protéger mon énergie.

Une personne me confronte à une contradiction ?

Elle ne respecte peut-être plus qui je suis.

Quelqu’un attend quelque chose de moi ?

Je dois penser à mes besoins.


À force, nous pouvons disposer d’une magnifique boîte à outils pour nous protéger de tout ce qui possède l’inconvénient majeur de la relation humaine :


les autres ne pensent pas toujours comme nous.


C’est très mal organisé.



Le développement personnel peut alors devenir notre ami imaginaire


Vous vous souvenez peut-être de l’ami imaginaire de l’enfance.

Il possédait des qualités relationnelles assez remarquables.

Il voulait généralement jouer au même jeu que nous.

Il comprenait pourquoi nous étions fâchés.

Il partageait volontiers nos critiques.

Et il disait rarement :


« Sur ce coup-là, tu exagères peut-être un peu. »


Certaines formes de développement personnel peuvent finir par occuper une fonction assez proche.

J’ai raison de protéger mon énergie.

J’ai raison d’écouter mon intuition.

J’ai raison de m’éloigner.

J’ai raison de poser cette limite.

J’ai raison de choisir ce qui est bon pour moi.

Et encore une fois :


je peux réellement avoir raison.


La question intéressante arrive juste après :


et l’autre, dans tout ça ?



Une limite peut être légitime et ma manière de la poser maladroite


Voilà le genre de phrase que notre ami imaginaire apprécie généralement beaucoup moins.

Je peux avoir besoin d’une limite et l’exprimer brutalement.

Je peux avoir identifié correctement mon émotion et me tromper sur son origine.

Je peux ressentir une peur d’abandon et attribuer trop rapidement cette peur au comportement actuel de l’autre.

Je peux avoir besoin de sécurité et demander à mon partenaire de modifier continuellement son comportement pour me rassurer.

Je peux vouloir me respecter et oublier progressivement de regarder les conséquences de mes actes sur les autres.


Deux choses peuvent être vraies simultanément.

C’est même l’une des spécialités les plus agaçantes des relations humaines.



« Poser ses limites » signifie aussi rencontrer celles des autres


Prenons une expression particulièrement présente dans le développement personnel :


poser ses limites.


Elle est essentielle.

Mais une relation fonctionne avec au minimum deux personnes.

Si j’apprends réellement à reconnaître les limites, quelque chose d’assez logique finit donc par arriver :


je rencontre aussi celles de l’autre.


Je peux dire :

« Je refuse que tu me parles comme cela. »

L’autre peut dire :

« Je refuse que tu m'appelles cinq fois lorsque je ne réponds pas immédiatement. »


Ah.

Le concept fonctionne dans les deux sens.

C’était écrit en tout petit sur la boîte.

La relation commence précisément là.



Se recentrer sur soi constitue une étape. Y installer le canapé en est une autre.


C’est ici que le Lean Relationnel® introduit une différence importante.

Je parle moins de développement personnel que d’évolution personnelle et relationnelle.


Le recentrage sur soi reste essentiel.

Simplement, il possède une direction.


Je reviens vers moi pour pouvoir retourner vers nous.


Je construis suffisamment de sécurité intérieure pour rencontrer l’autre sans me perdre en lui.

Je développe suffisamment mon identité pour supporter qu’il possède la sienne.

J’apprends suffisamment à reconnaître mes émotions pour entendre également les siennes.

Je développe suffisamment mon discernement pour accepter que ma première interprétation puisse évoluer.

Je construis suffisamment ma liberté pour laisser à l’autre la sienne.


Le « moi » reste là.

Heureusement.

Simplement, il cesse d’occuper toutes les places de parking.



Bienveillance : moi aussi, je mérite mon attention


Dans le Lean Relationnel®, cette réflexion rejoint également ma distinction entre bienveillance et bienfaisance.


La bienveillance peut commencer par :


je veille sur moi.

Je reconnais mon état.

Je respecte mes besoins.

Je protège mes limites.


Puis elle peut s’élargir :

je veille aussi à la manière dont je considère l’autre.


Très bien.

Mais la bienfaisance pose une question supplémentaire :

qu’est-ce que ma manière d'agir produit réellement ?


Et cette question est beaucoup moins confortable.

Parce que mon intention peut être excellente pour moi tandis que mon effet l’est beaucoup moins pour la relation.



« J’ai posé mes limites » : très bien. Et qu’avez-vous produit ?


Imaginons :

« J’ai enfin posé mes limites à ma sœur. Je lui ai expliqué que son comportement était toxique, qu’elle devait travailler sur ses blessures et que je refusais désormais les énergies négatives. »

D’accord.

Regardons maintenant le processus.

Quelle était la limite ?

Quel comportement précis posait problème ?

Quelle demande a été formulée ?

Quelle possibilité de réponse a été laissée à l’autre ?

Quel résultat souhaitiez-vous obtenir ?

Et qu’a produit votre message ?


Tout à coup, nous quittons :

« Ai-je eu raison ? »


pour entrer dans :

« Qu’est-ce que mon action a produit dans le système relationnel ? »


Bienvenue dans le Lean.

Même les chakras doivent parfois remplir une fiche d’écart.



Gérer ses émotions signifie aussi éviter d’en faire la responsabilité de l’autre


Même déplacement avec la gestion des émotions.

Reconnaître mon émotion est essentiel.

« Je ressens de la peur. »

Très bien.

L’étape suivante consiste parfois à dire :

« Donc tu dois me rassurer. »


Ce sont deux choses différentes.

Mon émotion m’informe.

Elle mérite mon attention.

Elle peut également m’aider à formuler une demande.

Mais l’autre conserve sa liberté de réponse.

C’est précisément ici que l’autonomie affective commence à devenir relationnelle :


je peux prendre soin de ce qui se passe en moi sans exiger que l’autre devienne le responsable permanent de mon équilibre intérieur.


Et réciproquement.


La confiance en soi ne consiste peut-être pas à avoir toujours raison


Nous associons souvent la confiance en soi à la certitude.

Être sûre de soi.

Défendre sa position.

Savoir ce que l’on veut.

Pourtant, une forme de sécurité intérieure beaucoup plus intéressante apparaît lorsque je peux dire :


« Voilà ce que je pense aujourd’hui. Et je peux encore découvrir quelque chose. »


Je peux écouter une contradiction sans vivre immédiatement cette contradiction comme une attaque.

Je peux reconnaître une erreur sans transformer l’erreur en effondrement de ma valeur personnelle.

Je peux modifier mon avis sans avoir l’impression de perdre mon identité.


Finalement, être suffisamment solide permet aussi de devenir plus souple.

Un roseau, tout ça…



L’évolution relationnelle commence lorsque l’autre redevient un sujet


Voilà probablement la différence fondamentale.


L’autre n’est plus seulement :

celui qui répond à mes besoins ;

celui qui respecte mes limites ;

celui qui déclenche mes blessures ;

celui qui m’apporte de l’énergie ;

celui dont je dois me protéger.


Il redevient une personne.

Avec son histoire.

Ses émotions.

Ses limites.

Ses contradictions.

Ses besoins.

Ses angles morts.

Et ses propres interprétations de moi.


Autrement dit :

exactement le même bazar intérieur que moi, mais rangé différemment.


À partir de là, nous pouvons réellement commencer à parler de relation.



Du développement personnel à l’Humain Responsable


Dans le Lean Relationnel®, l’évolution suit progressivement ce mouvement.

Je me sécurise.

Je me reconnais.

Je construis mes repères.

Je développe mon discernement.

Je prends davantage la responsabilité de mes choix.


Puis quelque chose s’ouvre :

qu’est-ce que ma manière d’être produit autour de moi ?


Dans mes relations.

Dans ma famille.

Dans mon travail.

Dans mon environnement.

Dans le collectif auquel je participe.


L’évolution cesse alors d’avoir pour unique finalité :

« Comment puis-je aller mieux ? »


Elle ajoute :

« Qu’est-ce que je peux produire de plus bienfaisant avec ce que je suis devenu capable de faire ? »


Voilà le passage vers ce que j’appelle, dans le Lean Relationnel®, l’Humain Responsable.



Notre développement devrait peut-être finir par agrandir le monde


Je trouve finalement assez simple de mesurer une partie de notre évolution.

Est-ce que je me connais mieux ?

Oui.

Est-ce que je respecte davantage mes limites ?

Oui.

Est-ce que j’ai davantage confiance en moi ?

Très bien.


Puis ajoutons quelques questions.

Est-ce que je supporte mieux le désaccord ?

Est-ce que je comprends davantage les limites des autres ?

Est-ce que je sais reconnaître ma contribution à un conflit ?

Est-ce que je peux changer d’avis ?

Est-ce que mes relations gagnent en qualité ?

Est-ce que mon autonomie me permet davantage de contribuer plutôt que simplement de me protéger ?


Parce que si dix années de développement personnel m’ont permis de devenir extraordinairement attentive à moi-même tout en rendant chaque désaccord avec moi psychologiquement suspect…

mon ami imaginaire et moi avons peut-être encore un peu de travail.



Et ce soir, notre ami imaginaire passe à l’intelligence artificielle


Cette question prend aujourd’hui une dimension supplémentaire.

Parce que nous disposons désormais d’un interlocuteur capable de nous écouter pendant des heures, de connaître progressivement notre manière de penser, de reprendre notre vocabulaire et de nous aider à analyser nos relations :


l’intelligence artificielle.


Elle peut nous apporter une multitude de points de vue.

Mais elle peut également devenir un miroir particulièrement confortable de celui que nous lui présentons.


Ce sera justement le sujet de mon article de ce soir :

« IA, coach de vie et ami imaginaire : quand notre miroir finit par être un peu trop d’accord avec nous. »


Parce qu’après avoir appris à nous écouter, une nouvelle compétence devient peut-être indispensable :

apprendre à choisir les miroirs qui savent aussi nous montrer ce que nous préférerions éviter de regarder.



Conclusion : revenir vers soi pour pouvoir retourner vers nous

L

e développement personnel peut nous aider à accomplir un mouvement essentiel :

revenir vers nous-mêmes.

Retrouver nos émotions.

Nos besoins.

Nos limites.

Notre identité.

Notre capacité à choisir.


Le Lean Relationnel® propose simplement de poursuivre le mouvement.


Je reviens vers moi. Pour pouvoir retourner vers nous.


Me connaître suffisamment pour cesser de me perdre dans l’autre.

Me sécuriser suffisamment pour cesser d’avoir besoin que l’autre me ressemble.

Et m’ouvrir suffisamment pour accepter que la relation m’apprenne encore quelque chose.


Finalement, notre ami imaginaire peut rester.

Mais de temps en temps, nous pouvons aussi inviter quelqu’un qui possède un autre avis.

Cela met un peu d’ambiance.





Pour aller plus loin avec le Lean Relationnel®


Le coaching relationnel Lean Relationnel® accompagne notamment les difficultés liées à la dépendance affective, à la confiance en soi, aux schémas relationnels répétitifs, à la gestion des émotions et à la difficulté à poser ses limites.

L’objectif : développer suffisamment de sécurité et d’autonomie pour construire ensuite des relations dans lesquelles chacun peut exister pleinement.


Vous avez appris à vous écouter et à poser vos limites, mais les mêmes difficultés reviennent dans vos relations ?

Découvrez comment le Lean Relationnel® travaille le passage du recentrage sur soi à une autonomie réellement relationnelle.


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